Critique: Saw II de Darren Lynn Bousman

Critique: Saw II de Darren Lynn Bousman
Après un premier "Saw" efficace, mais vide comme une coquille d'huître après un repas de Noël, me voilà face à son petit frère "Saw II", considéré comme une honte par les fans du premier opus. Ben moi je suis désolé, mais je le trouve carrément plus intéressant à "étudier" que son aîné.

Premier constat: Saw II est plus riche que son modèle. La preuve: 8 personnages au lieu de deux, une maison au lieu d'une pièce.

Deuxième constat: Saw II se révèle plus intéressant et efficace que son aîné, notamment quand il se transforme en slasher movie endiablé vers la fin du film.

Tout cela aurait pu donner un bon petit film bien comme il faut sauf que... Sauf que tout cela est complètement immoral !! Sans vouloir imiter les critiques bien pensantes de Télérama, on se doit de réagir, car parmi ces scènes gores et franchement vaines (la scène où un des protagonistes se mutile la nuque est d'une connerie absolue), parmi tout ces personnages caricaturaux au diable, on ne s'attache finalement qu'à Jigsaw, lui-même. Alors qu'il est un salopard de la pire espèce, le film le sublime, plus qu'il nous en dégoûte. Pire, il tente de nous faire adhérer à son propos. Et comme si cela ne suffisait pas, le film nous empêche également d'avoir de la compassion pour les victimes du tueur, aussi bien pour ceux qui sont dans la maison, que pour le flic, tellement con et méchant qu'on en arrive à se dire "bien fait pour lui".

Mais après tout, c'est peut-être ça, Saw: Regarder des gens se mutiler comme des abrutis, avec une espèce de morale honteuse, faussement subversif, indigeste visuellement, et d'une connerie abracadabrante.

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# Posté le mardi 26 décembre 2006 06:18

Modifié le mardi 26 décembre 2006 07:08

Bruce Willis au téléphone, avec Len Wiseman, réalisateur de Die Hard 4

Bruce Willis au téléphone, avec Len Wiseman, réalisateur de Die Hard 4
"Allo Len ? Ouais, c'est Bruce. Comment ça va ? Oh ben moi pépère. Dit donc, je viens de voir le teaser de Die Hard 4. Bah c'est trop génial franchement ! Super ! Je suis content, là, avec le drapeau americain et tout. Ah et puis les cascades en 3D, c'est top niveau, ça me rajeunit, on dirait Tom Cruise dans M:i:III, dit donc, j'en ai les cheveux qui poussent !

Et ce qui est bien, c'est que y'a pas d'humour ! On rigole plus maintenant ! Tant mieux, l'humour c'est pour les pédales. Ouais, j'en ai marre de dire des conneries devant la camera. Maintenant j'ai un rôle super sérieux et tout, ça va être bien ! Enfin y'a des vannes un peu quand même, faut faire marrer les ados, on va leur mettre un mioche qui balance des vannes de merde. Ouais ahaha, trop marrant. Par contre, y'a un truc que j'ai pas capté, c'est quoi l'histoire ?"

# Posté le dimanche 17 décembre 2006 09:29

Modifié le dimanche 17 décembre 2006 12:17

Critique: Saw de James Wan

Critique: Saw de James Wan
On en parle, on en parle, encore et encore: LA reférence du gore et du malsain ! "Quoi ? T'as pas vu Saw ? Pourtant ces films ce sont des chefs-d'oeuvres ?" Me répetait-t-on sans cesse ! Moi, je me suis méfié de ce film. Je me méfie des films qui se vendent comme des références ultimes. Bon, j'arrête de blablater, tout ça pour dire que je l'ai vu, avec la prétention de croire que j'allais voir un navet, tout en ésperant subir un choc cinématographique (on sait jamais)

Et ben comme c'est souvent le cas, Saw n'est ni le navet tant redouté, ni le choc cinématographique attendu. Si le scénar' se révèle d'une ingéniosité bienvenue, la réalisation, elle, fait son boulot. Alors on nous balance des effets de style à coup d'accélérations, de ralentis, d'un autre coté, on nous balance des rebondissements, du suspens, à coup de twists en pagaille, avec évidemment en son sommet, ce fameux twist final, un véritable feu d'artifices en pleine face. Oui tout celà est (très) efficace, mais depuis quand c'est ça un film d'horreur ? Où est donc la radicalité ? Où est donc la folie ?

S'il sait se faire efficace, Saw n'atteint en rien la puissance de ses ainés des années 70. Plus proche d'un Domino ou d'un épisode des Experts que d'un Massacre à la Tronçonneuse, ça se voulait hargneux et radical, ça n'est juste qu'un peu con mais malin.

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# Posté le dimanche 17 décembre 2006 05:12

Modifié le dimanche 17 décembre 2006 08:17

Preview: Truands de Frederic Shoendoerffer

Preview: Truands de Frederic Shoendoerffer
Le cinéma français va de mieux en mieux ! C'est en tout cas ce que l'on a envie de dire quand on fait un petit tour d'horizon des films de 2007. Alors que les grosses prod' ricaines sont toujours la en masse et ne font plus preuve d'originalité (Harry Potter 5, Pirates des Caraïbes 3, Narnia 2, Shrek 3 et d'autres...), on constate une émergence d'un cinéma plus "indépendant" dans l'âme, avec des budgets confortables (Pathfinder, 300 sans oublier The Fountain qui sort en fin d'année). Mais c'est surtout en France que le changement est réel. En effet, le cinéma de genre revient en force et ça fait plaisir !

A commencer par Truands de Frederic Schoendoerfer, qui ouvre le bal (le film sort le 17 Janvier) 3ème long du réalisateur de Scènes de Crimes et d'Agents Secrets, le film annonce le retour d'un genre qui nous manquait: le polar, le vrai ! Et ça risque de faire mal, jugez plutôt: un vrai casting de "gueules": Benoit Magimel, Philipe Caubère, Béatrice Dalle (qui sera également à l'affiche de A L'interieur, une autre "bombe" de 2007), Olivier Marchal, des fusillades qu'on espere bien trippantes, et surtout : une intrigue vraiment alléchante, le réalisateur décrivant son film comme "le microcosmos du banditisme". Une démarche qui n'est pas sans rappeler celle de notre bon vieux Michael Mann ! Et ça, ça ne peux être que bon !!

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# Posté le dimanche 10 décembre 2006 08:52

Modifié le dimanche 10 décembre 2006 12:17

Critique: Les Infiltrés de Martin Scorsese

Critique: Les Infiltrés de Martin Scorsese
Des mois ! Des mois que je m'acharnais à défendre Scorsese. Des mois que je hurlais sur divers forums: "mais non:Scorsese n'est pas devenu un pompeur à fric." Des mois aussi que je l'attendais ce film ! Alors, est-ce que j'ai accordé une confiance aveugle à Scorsese ? Les Infiltrés est-il une pâle copie d'Infernal Affairs ?

Si le premier sentiment, après l'introduction qui rappelle furieusement les Affranchis, est la déception, car tout ce que l'on voit, en apparence, n'est qu'une simple relecture d'Infernal Affairs. Mais à cela, Scorsese et son scénariste y ont ajouté une chose: de la profondeur et du fun !

Commençons par le fun, à savoir le développement des personnages de Jack Nicholson et Mark Wahlberg. Ce n'est pas une surprise, Nicholson nous compose un mafioso tout en sadisme et en perversité ! La surprise, elle vient de Mark Wahlberg, que l'on n'attendait définitivement pas sur ce terrain-là. Son personnage, le flic Dignam, est le gros vanneur qui ne peut s'empêcher de balancer des vacheries. Et là on jubile, à chaque réplique de Wahlberg, on a envie de crier "CULTE", au point de rêver d'un spin-off rien que sur lui !

Déjà là, pari gagné pour Scorsese, qui nous offre un divertissement de haute gamme, mais cela lui suffisait-il ? Non, parce que, grâce aux personnages de Costigan et Sullivan, il apporte au film une profondeur. Certes, dans Infernal Affairs, les personnages étaient déjà creusés, mais ces Infiltrés sont différents. Car ici, c'est un thème purement scorsesien dont il est question: la confiance. Ne serait-ce que par le personnage de Nicholson, les différents protagonistes se révèle être d'une complexité et d'une richesse rare. Costello se situant à la fois comme un mentor (pour Matt Damon) et un prédateur (pour Di Caprio). De plus, Scorsese se permet même de développer un triangle amoureux (magnifique).

Mais le sommet de tout cela reste ce que l'on attendait finalement pas forcément: Di Caprio. Son personnage, perdu, ne sait plus à qui il peut faire confiance, pas même à lui même. Perdu dans un piège qui se referme peu à peu sur lui, le personnage de Costigan soulève des questions on ne peux plus universelles, et à la fois tellement d'actualité: où est le bien ? Où est le mal ? Où est donc la justice ? Car pendant que Di Caprio souffre, Damon enchaîne les promotions. Saluons l'incroyable prestation de Di Caprio, qui s'impose finalement comme LE grand acteur du film (il tient tête à Nicholson, fallait le faire !) c'est en grosse partie lui qui apporte toute l'émotion qui émane des Infiltrés (sans oublier la ravissante Vera Farmiga). S'il ne décroche pas l'Oscar du meilleur acteur, je fais exploser des bombes !! Non mais !

Attention grand moment de cinéma ! Les Infiltrés marque les grandes retrouvailles entre Scorsese et son genre de prédilection. Soutenue par une excellente bande d'acteurs (des rôles principaux aux seconds rôles, ils sont tous excellents), une mise en scène virtuose, des dialogues dignes de Shane Black, et d'une composition tout simplement bouleversante de Di Caprio, Les Infiltrés est à la fois une merveille de divertissement et d'émotions. Rare.

# Posté le jeudi 30 novembre 2006 14:52

Modifié le jeudi 28 décembre 2006 09:46