Interview: Olivier Château, réalisateur d'Asylum

Interview: Olivier Château, réalisateur d'Asylum
2007 sera une année glorieuse pour le paysage cinématographique français. Je compte 3 films qui sortent de l'idée de comédie franchouillarde (spécialité de notre triste pays): tout d'abord Frontières de Xavier Gens (dont je vous ai déjà parlé), il y aura ensuite Scorpion de Julien Seri, realisateur des Fils du Vent. De ces deux projets, on en a entendu parler au moins un petit peu. Mais il y a un autre film, bien plus mystérieux, qui attise forcément la curiosité: un ovni qui s'annonce bien barré, et de ça, on en a pas beacoup ! Cet OVNI, ce sera Asylum premier film de Olivier Château, avec qui j'ai eu la chance d'échanger quelques mots. En bon prétentieux que je suis, je me suis permis de me la jouer façon interview ! Alors voici, en exclusivité, l'interview d'Olivier Château.

Bloody_Edward: Comment définirais-tu Asylum ?

Olivier Château: Je qualifierai Asylum comme un pur ovni. Le genre de film qui te tombes dessus alors que tu ne t'y attendais pas et qui va dans le sens d'aucun autre.

De quoi ça parle exactement ?

Ce film racontre l'histoire de Jack (Julien Courbey), petit malfrat, qui, par un mauvais concours de circonstance (faut dire qu'il l'a bien cherché), va se retrouver attaché à un arbre dans une forêt à l'écart de tout. Personne ne sait qu'il est là et pas la peine de crier : y'a personne à des kilomètres et des kilomètres à la ronde.
La première partie du film va nous expliquer comment il en est arrivé là....
Et la dernière partie du film concerne le présent et sa survie dans la forêt où chaque geste du quotidien va devenir une vraie galère...comment manger et boire. Et il va découvrir que cette forêt n'est pas comme les autres...Il y a son gardien sadique, le chien affamé de ce dernier qui lui rôde autour etc. D'autres intervenants et plein de rebondissements etc.

Pour Asylum, quelles étaient tes références cinématographique ? En gros, qui sont tes idoles, tes films cultes... ?

Je dirais que pour Asylum, mes références étaient assez minces. J'ai vraiment essayé de faire un truc à part.
J'ai vraiment eu peur après le tournage car le film Saw allait sortir et la première photo que j'ai vu était celle d'un homme attaché à une chaîne... Mais après l'avoir vu, j'ai été rassuré et il n'a rien à voir avec le mien...

Quel a été ton dernier coup de coeur au cinéma ?

"La colline à des yeux" de Aja

Quel était le budget d'Asylum ?

Pour l'instant : secret défense. Ce sera peut-être un argument promotionnel donc en attendant je ne peux le dire...

Y'a-t-il eu des difficultés sur le tournage ?

La plus grosse difficulté sur le tournage a été les avions... Nous tournions en pleine forêt et pendant le tournage, le couloir aérien a été changé et on se retrouvait avec des dizaines d'avions qui passaient au dessus de nous chaque jour....

Quel regard portes-tu sur le paysage cinématographique français ?

Le paysage cinématographique français est en train de changer : de + en + de films de genre se font ("nid de guêpes", "ils", "frontières", "asylum"...) et c'est tant mieux. Ils faudrait que ça marche au box office pour encourager les prods à investir dans ce genre de films.





Voila donc, vraisemblablement Asylum sortira début 2007, probablement dans la même période que Frontières et Scorpion.

On aura donc bien compris les intentions d'Olivier Château, avec Asylum, il a cherché à faire quelque chose d'original et d'innatendu. Toutefois on se permet certaines réserves car ce genre d'entreprise mène parfois au ridicule. Mais gageons que le sympathique realisateur aura su faire prendre la mayonnaise, et qu'il nous aura livré un pur ovni bien barré, rafraichissant pour notre cinéma hexagonale, et clairement jubilatoire. Les images qu'on a pu voir sont vraiment très classes et intriguantes, attendons maintenant une bande-annonce pour nous rassurer quant au produit final !

# Posté le mardi 15 août 2006 09:00

Modifié le mardi 15 août 2006 09:41

Critique: Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit de Gore Verbinski

Critique: Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit de Gore Verbinski
A y est. Je l'ai vu. Le phénomène qui fait tant parler de lui, celui qui écrase les autres films à coup de dollars qui se comptent par centaines de millions, LE seul film qui fait un carton en ce moment. Si le premier opus était sans prétention, simplement divertissant mais qui ne laissait pas non plus de traces indélébiles dans nos souvenirs cinéphiles, le second essaie de s'acquérir une certaine légitimité d'existence, et cette fois emprunte un ton plus sombre, mature, épique, afin de faire entrer la "saga" Pirates des Caraïbes dans le cercle fermé du culte auprès d'autres comme Le Seigneur des Anneaux, Star Wars... Rien que ça.

Tout commence par une histoire très simple (dans la même veine que celle du premier opus), l'histoire de Jack Sparrow qui, hanté par une malédiction, doit retrouver un coffre pour se libérer et payer une dette qu'il doit au méchant Davy Jones. Lequel possède également une histoire, cette fois plus profonde, une histoire d'amour qui répond à la question "mais pourquoi est-il aussi méchant ?". A cette histoire, se rajoute la relation entre William Turner et son père, un des serviteurs de Jones. A cette relation se rajoute.... ouh lala, attendez, attendez, y'a trop de choses !!

Vous l'aurez compris, les nombreuses bonnes idées d'intrigues qui, indépendantes sont très intéressantes et profondes, mises côtes à côtes s'auto-detruisent, se gênent, donnant une impression de brouillon au film. Rien que la première heure, sur l'île des cannibales, relève d'un inutile forcément consternant. Ainsi, le rythme, constamment haché, ne laisse que très peu de temps aux personnages et à leurs histoires de se développer, contrairement à celle de la trilogie de Peter Jackson, ou celle de Georges Lucas (la première trilogie, pas le nouvelle !!). On s'ennuie donc souvent, car ce Pirates des Caraïbes, à trop vouloir aller au delà de ses capacité se perd en route. Alors que le premier opus nageait dans un second degré distrayant, celui-là se la joue premier degré du début à la fin, car même Johnny Depp se révèle bridé dans cette opus-là. Ainsi, comme le film, il oscille entre un Jack Sparrow comique et dramatique. C'est LA grosse faiblesse du film. De ne pas savoir quelles sont ses réelles ambitions. Et là, on est déçu. On attendait un film sans prétention, et finalement, on se rend compte que, oui, Le Secret du Coffre Maudit aurait très bien pu être un monument d'héroic fantasy, (le design des monstres est parfait) certaines scènes anthologiques en faisant fois (l'attaque du Kraken, la grande baston finale) Mais la grosse erreur du film, c'est de transformer le cinéma en série télé. La, encore, Jackson et Lucas avait brillamment réussi avec respectivement Les Deux Tours (enfin, c'est Tolkien plus que Jackson, mais quand même) et L'Empire Contre-Attaque, à clore le film tout en nous donnant envie de connaître la suite, Le Secret du Coffre Maudit se clôt par un cliffhanger maladroit, et finalement débile, qui nous laisse en faux suspens (sans raconter la fin, je vous dis juste que c'est couru d'avance que la fin ne mène à rien) encore pire que celui de Matrix Reloaded.

Tout cela est bien dommage, mais à force de vouloir péter plus haut que son cul, Le Secret du Coffre Maudit finit par exploser, en raison de sa narration bordélique, de la multiplication des personnages secondaires inutiles, et bien d'autres choses. Mais le film nous laisse quand même quelques moments de pure génie, grâce à la mise en scène (complètement différente de celle du premier opus) réussie de Gore Verbinski, qui font qu'on se dit: et si Le Secret du Coffre Maudit était loupé pour la seule raison qu'il ne fait qu'introduire le 3ème opus. Et si le monument d'héroic fantasy, c'était celui-là, baptisé At World's End en anglais, soit littéralement Au Bout du Monde. Si tous ces personnages, et sous intrigues n'étaient la que pour trouver leurs sens dans le dernier chapitre. C'est tout ce que l'on souhaite, car Le Secret du Coffre Maudit n'est pas réussi, simplement inachevé et brouillon, mais il laisse bizarrement présager du meilleur pour le prochain.

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# Posté le dimanche 13 août 2006 06:05

Modifié le dimanche 13 août 2006 13:02

Palmarès: Bloody Awards

Palmarès: Bloody Awards
Ayé !! Les votes sont terminé !! Merci beaucoup à ceux qui ont votés ! Voila, voila, un palmarès surprenant, jugez plutôt :

Meilleur Film
La Colline a des Yeux de Alexandre Aja

Meilleur Réalisateur
Alexandre Aja pour La Colline a des Yeux

Meilleur Acteur
Bruce Campbell pour Bubba Ho-Tep

Meilleure Actrice
Natalie Portman pour V pour Vendetta


Meilleur Scenario
La Colline a des Yeux (Alexandre Aja et Gregory Levasseur)

Meilleur Musique
La Colline a des Yeux
(Tomandandy)

Mention spéciale pour la B.O de Superman Returns que je ne pouvais décemment pas nominer.

Meilleurs Effets Speciaux

Superman Returns

Et bien oui, vous vous êtes tous définitivement perdus dans les collines jouissives de Alexandre Aja, le film écrasant la plupart de ses adversaires ! Ainsi, il est élu meilleur film par 3 voies contre 2 pour Enfermés Dehors et V pour Vendetta (1 seul vote pour Superman et aucune pour Bubba Ho-Tep, la honte !). Ensuite le frenchie talentueux ne laisse aucune chance aux autres realisateurs (4 voies contre une pour Bryan Singer, Christian Volckman et Christophe Gans !!!). Le prix du meilleur acteur revient au "king" Bruce Campbell après un match sérré avec Dupontel et Kevin Spacey (3 voies contre 2). Natalie Portman est sacrée, sans réelle surprise meilleur actrice (4 voie contre 2 pour Emilie de Ravin). Le grand vainqueur de ces Bloody Awards, j'ai nommé la Colline... récolte les prix de meilleur scénario et meilleur musique (4 voies contre 2 pour Superman au scénar, et 4 voie contre 2 pour Enfermés Dehors à la musique). Les meilleurs effets speciaux reviennent quand à eux à Superman Returns qui repart pratiquement bredouille de cette édition !

En tout cas, ça fait plaisir de voir que vous avez bon goût, La Colline méritant complêtement ses prix, même si vous avez carrément boudé Superman Returns. Ben alors, qu'est-ce qui vous à fait Superman ?

Vive La Colline, et Alex Aja "the king of the survival", sans oublier son collaborateur Greg Levasseur !

# Posté le samedi 12 août 2006 11:54

Modifié le dimanche 13 août 2006 04:57

Preview: 2007, l'année sacrée.

Preview: 2007, l'année sacrée.
Non, 2006 ne sera pas vraiment une année glorieuse. Où sont passé les chefs-d'oeuvres, les coups de coeur ? Se sont-ils tous, donnés rendez-vous en début d'année, avec Munich, Le Nouveau Monde, Bubba Ho-Tep ? Ou bien toute "l'émotion", celle qui fait que l'on découvre des "oeuvres indélibiles" se serait épuisée avec La Colline a des Yeux ? Certes il reste bien Superman Returns, et probablement Miami Vice et La Science des Rêves, ainsi que le dernier Shyamalan, mais sinon, on commence un peu à voir des Pirates partout ! Quant aux "petits" films surprises, et bien il faut se déplacer pour aller admirer Arrivederci, Amore, Ciao, qui n'est diffusé que dans une vingtaine de salles. Il fait bien trop chaud pour se déplacer, j'attendrais le DVD !

Mais ensuite ? Et bien ensuite, il y aura bien la Palme d'Or 2006 : Le Vent se Lève de Ken Loach, Indigènes, et le dernier Eastwood en deux parties, mais on s'ennuie ferme. Pour remplacer les blockbusters hivernaux de l'an dernier (King Kong, Narnia) c'est Besson qui s'en charge, avec son Arthur et les Minimachins autant dire que c'est pas la peine !

Mais soudain, une inquiètude me vient : quand sera-t-il des prochaines années ? En 2007, pour la plus proche ? Il y les quelques suites comme Spider-Man 3, Shrek 3, Sin City 2 ou bien encore le prochain Romero, adapté de Stephen King, il y aura également Grind House le "dual-project" de Master Quentin Tarantino et Robert Rodriguez et bien d'autres. L'été sera une nouvelle fois envahie par ces fichus pirates qui vont définitivement nous squatter l'été, mais 2007 s'annonce bien !

Surtout que 2007 annonce LA bombe la plus ultime de ces dernieres années, celles qui entèrera les films les plus géniaux, 2007 sera l'année du messie, j'ai nommé FRONTIERES, premier film du déjà incoutournable Xavier Gens. La mention culte rôde autour de ce film, la Terre tremble à la moindre évocation de son titre: j'ose y croire, Frontière aura l'effet d'une BOMBE ATOMIQUE, dans un paysage de film de plus en plus pauvre, tous les genres étant devenu une machine à fric pour les producteurs d'Hollywood. C'est à se demander si le film d'auteur, ne devient pas lui-même commercial !

Et en France, parler de film d'horreur est une insulte, c'est comme parler de groupe de rock, bref, en France, c'est le NEANT TOTAL ! Il y avait bien Ils, cet été que j'ai malheureusement loupé, mais qui n'a pas non plus crée de véritable enthousiasme aussi bien critique que publique. Dans ce contexte, FRONTIERES ne changera probablement pas les choses, le cinéma de genre français restera sûrement toujours difficile à financer, là où le film risque de faire mal, c'est du coté ADRENALINE ! Parce que les intentions de Gens sont indiscutablement les bonnes, parce que l'équipe technique du film est aussi efficace que passionné (achetez-vous donc le dernier numéro de Mad Movies pour voir les photos du film pour admirer l'image très travaillée), et parce que l'on nous promait du GORE, du TRASH, bref, une grosse baffe en pleine tête !!

Oublions tous les autres films, Frontières risque bien d'être LE CHEF-D'OEUVRE de 2007 !
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# Posté le mardi 08 août 2006 04:36

Modifié le mardi 08 août 2006 05:00

Critique: 28 jours plus tard de Danny Boyle

Critique: 28 jours plus tard de Danny Boyle
Il y a des films qui mérite d'être vus, et qui passe inaperçu à nos yeux. C'est inevitable certes, mais c'est navrant de les découvrir trop tard, pour ne pas les soutenir. Ainsi, si j'avais vu 28 jours plus tard à sa sortie, j'aurais été le premier à le défendre bras levé. Aujourd'hui, je ne fais que revenir sur un film largement incompris, qui mérite sa place parmis les films cultes.

Honnêtement, qui aurait pu croire que Danny Boyle, très bon réalisateur anglais plutôt orienté vers la comédie noire trash (Petits meurtres entre amis...), pouvait nous livrer ce qui reste à mes yeux l'un des meilleurs films de zombies jamais réalisé !

Mais il serait dommage de réduire 28 jours plus tard à un simple film de zombies. Danny Boyle, comme à l'accoutumé, livre d'abord un film à caractère social, et parle avant tout des faiblesses de l'être humain. Si l'on peut reprocher au film son exposition un peu lente, on ne peut qu'admirer la beauté des plans filmés en DV, en raison du faible budget, et la mélancolie qui se dégage de cette présentation. Passé celà, le film se transforme alors en pure survival apocalyptique, où le héros (excellent Cillian Murphy) répend sa vengeance contre des militaires pas si protecteur que ça ! Et là, c'est le bonheur ! Brutale, violent, sanglant, le dernier tiers du film s'impose comme un magistrale moment de gore. Même si ce n'est pas le but du film, ça fait toujours plaisir à voir. Après tant de pessimisme, il est d'ailleurs dommage de clore le film par un happy-end tellement facile. Il faut se rabattre sur les fins alternatives du DVD, très glauque, que Boyle n'a pas osé integrer au montage final. Mais rien de grave : l'essentiel est là, 28 jours plus tard reste un film incontournable, qu'il est inadmissible de voir sombrer peu à peu dans l'oublie !

Ainsi, Romero s'est fait coupé l'herbe sous le pied: avant Land Of The Dead, il y avait 28 jours plus tard, LE digne successeur des films du créateur de la "Saga Zombie". Ambiance apocalyptique, brutalité, gore, il y a bien sûr tout celà, mais il se dégage avant tout du film de Danny Boyle, un certain sentiment de mélancolie poignant. (un peu parasité par un happy-end qui n'a pas vraiment lieu d'être) N'en doutons plus : nous courrons définitivement à notre perte !

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# Posté le dimanche 06 août 2006 09:53

Modifié le dimanche 06 août 2006 12:34